Les coulisses de Mittersheim, ou, le prix d'une certaine "perfection".
A tous ceux et celles qui me complimentent sur la qualité de mes images, j'aimerais raconter que...
Tout d’abord, normalement, pour une bonne prise de vue, il faut qu’il fasse très beau. Avez-vous remarqué qu’il fait rarement très beau ?
Ou en tout cas, il est souhaitable qu'il y ait une belle lumière, même par temps gris...
Je n'oublie pas les photographies de Vincent Munier, où, souvent, il ne fait pas beau, mais où il y a toujours une lumière intéressante.
La belle lumière, c’est le matin de bonne heure, ou le soir, comme dans cette série d’images.
Certaines lumières d'orage sont intéressantes, mais aussi belles qu'éphèmères.
Au bord du lac de Mittersheim, j’ai vécu des moments magiques, de pur bonheur.
C'était vraiment une après-midi fantastique, qui me laissera, au cours des prochains jours (et semaines) une durable empreinte de sérénité.
Il faut savoir cependant que ces cinq articles sur l'étang de Mittersheim, ont représenté un certain nombre d'heures de travail.
Vous connaissez l'image de l'iceberg, les heures de terrain sont seulement la partie visible de cet iceberg... Une toute petite partie.
Les prises de vue au bord du lac, un régal, oui, mais également quatre heures d'observation et de patience (de 17 h 30 à 20 heures).
Ce n’était pas le cas à Mittersheim, mais parfois, au meilleur moment, quelqu’un arrive et fait fuir les animaux…
Pour essayer d'avoir au moins une image nette et une attitude intéressante d'un animal, j'ai tendance à "mitrailler" et à utiliser le braketting (mode photo en rafale).
Je suis rentrée chez moi lestée de 673 fichiers en RAW (données brutes) = 5,67 gigas d'images.
Une fois développés : 1 300 fichiers.
Il est bien évident qu'on ne peut pas tout garder !
Il faut trier.
Trier encore.
Eliminer les doubles, les floues, les pas intéressantes.
Parfois, à force de regarder, je ne sais plus quoi choisir. Je ne vois plus clair.
Le lendemain, après un peu de repos, ça devient plus facile.
Plusieurs heures de travail (une journée au minimum) devant le pc,sont toujours nécessaires au traitement d'images..
Ensuite, il faut renommer les vues. Une image non renommée n'a aucun sens.
Souvent une par une.
En double évidemment : le RAW (fichier brut) et le jpg HQ (haute qualité).
Pour une publication dans le blog, ou un envoi par internet, il faut réduire la taille des photographies.
Le choix d'images doit être le plus restreint possible, pour importer dans le blog par exemple.
Donc, dans mes fichiers, les images sont toujours en triple exemplaire.
Les classer, ranger dans des dossiers et sous-dossiers différents, les sauvegarder, les répertorier soigneusement, c’est indispensable, sinon on ne retrouve rapidement plus rien.
Ces images, même intéressantes, sont rarement "parfaites"
Une image que je juge intéressante et parfaite aujourd’hui, me semblera sans doute quelconque demain. Le regard et les techniques évoluent rapidement.
Il faut les corriger, enlever les taches dues aux poussières sur le capteur, recadrer, redresser les images un peu de travers, rajouter souvent du contraste, de la netteté.
Exemple, pour le cygne vertical, concentrée sur la netteté du sujet, je n'ai pas pris garde à la ligne d'horizon, qui était toujours un peu de travers. Donc, retouche de toutes les images, une par une...
Il faut éliminer un détail qui gâche tout, comme un mouchoir en papier qui traîne, une boite de conserve, une canette oubliée...
Souvent, on bosse une image, dix images, puis, tout bien considéré, elle(s) passe(nt) à la poubelle.
Il y a rarement moyen de ne pas reprendre les images une par une.
Régulièrement, en cours de travail, mon pc devient tout lent, j'ignore pourquoi, ça me rend dingue.
Je dois arrêter et redémarrer, j'envisage de changer de machine. Je suis sur le point de craquer pour un Mac.
Actuellement, sur Mittersheim, il reste 3,30 gigas d'images, RAW, JPG HQ(haute qualité), JPG SQ (qualité réduite).
Hum... Il faut encore que je diminue à 2 gigas. Au moins.
Un giga serait l’idéal. Je dois encore progresser dans le tri (c’est ma bête noire)
Enfin, vouloir entrer dans l’intimité des animaux a un coût.
Un bon téléobjectif (400-500mm) coûte le prix d’une petite voiture…
Ajoutez-y le boîtier, le matériel de camouflage.
Il faut savoir enfin que, dès qu'on croit avoir réussi une image "potable", d'autres photographes on fait la même, mais mille fois meilleure !
Rester humble. Ne pas se décourager.
Progresser à son rythme.
A bientôt.
Une belle lumière et des oiseaux à l'étang de Mittersheim
La grande aigrette à l'étang de Mittersheim
Deux foulques macroule à l'étang de Mittersheim
Deux cygnes à l'étang de Mittersheim
L'ombre des grèbes huppés à l'étang de Mittersheim
PS : Toutes ces considérations sont valables également pour toutes les photographies, celles de fées demandent encore plus de travail !
Photo ci-dessous : les coulisses de la grande aigrette (une partie !)...

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