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FUSTES 0130
 
Refuge Obere-Bers
 
Les chalets de la Doller, téléchargez le pdf


1er février 2007

Départ de bon matin pour le Ballon d'Alsace, (St Maurice sur Moselle), pour une traversée de trois jours « en autonomie totale ».
A partir de la ferme-auberge du Rouge-Gazon,  en passant par le col des Charbonniers, nous poserons notre sac dans le refuge de la Petite Chaume. Le lendemain, nous retournerons sur nos pas, pour rallier le refuge « Obere Bers ». La neige, la pleine lune et les conditions météo favorables nous donnent des ailes ! La randonnée ne sera ni longue ni difficile, comportant peu de kilomètres, mais la photographie prend beaucoup de temps, et le matériel est lourd… Je m’épouvante un peu de devoir porter mon nouveau matériel.. Allez, je n'ai pas besoin d'emporter d'eau, là où nous allons, il y a des sources partout. Si elles devaient être gelées, nous pourrions nous contenter de faire fondre de la neige pour boire ou faire mijoter la soupe. Voici pour la dure (et amusante) vie de trappeur-photographe !
 
 
FUSTES 0048


Ainsi, lourdement lestés, nous attaquons la pente, fort raide, de la piste de ski jouxtant la ferme auberge du Rouge-Gazon, en direction de la Haute Bers. Il y a peu de neige pour la saison, malgré cela nous avons jugé bon de nous équiper de raquettes. Mais, dès les premiers pas, la neige s’avère lourde et collante nous donnant l’impression pénible de devoir traîner de lourds sabots crottés ! Aussi, en arrivant sur la chaume, en vue de la fuste « Obere Bers », le joli chalet au toit de prairie, décidons-nous de les abandonner, ou plutôt de les cacher sous les basses branches d’un sapin. Ainsi, nous poursuivrons notre route le pied plus léger et nous les reprendrons au retour ! Il fait frais, le cheminement, sur un étroit sentier en balcon, est des plus agréables, dans une magnifique ambiance, feutrée et lumineuse.
 
 
Petite-Chaume-sentier.JPG



 
 

Dans un paysage de vieux arbres et de rocs noyés dans la brume, le refuge de la petite Chaume apparaît bientôt, posé sur une impeccable moquette blanche. Petite boîte rassurante coiffée d’un toit et d’une cheminée soulignés de rouge, ce petit chalet est souvent dans l’ombre, mais l’on s’y sent si bien ! Il est vaste, bien entretenu, dans un décor rocheux et forestier des plus sauvages, baignant dans un calme délicieux.
 
 
FUSTES 0114

 

Refuge de la Petite Chaume

 

Dans le massif du Ballon d’Alsace, avec le chalet de la Grande Goutte, il fait partie de ces lieux qu’on dit « hantés »... Raison de plus pour nous y installer joyeusement et observer ce qui s’y passe. En attendant, il faut faire du bois, si nous voulons pas grelotter toute la soirée ! Deux scies sont à la disposition des randonneurs. Nous traînons alors quelques branches de bois mort qui jonchent la forêt après la dernière tempête, de janvier 2007. Se chauffer, ce n’est pas une mince affaire, car l’antique fourneau « quatre pots » est vorace, mais seulement quand on a réussi à démarrer le feu, ce qui n’est pas du tout évident avec du bois mouillé ! Je surveille étroitement les flammes capricieuses pendant une bonne heure, après quoi , cette « brave bête » dévore aisément les bûches et rayonne de toute son âme !
 
 
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Nul besoin de faire fondre la neige, car une source offre son eau fraîche, dans une auge de bois ourlée  de glace, à quelques dizaines de mètres en contrebas du refuge. 
 
 
Petite-Chaume5.JPG



 
 

La nuit est là, une splendide pleine lune éclaire insolemment le paysage, lui donnant cette atmosphère féerique que nous apprécions tant ! On distingue l’ombre des arbres sur la neige et les branches sont finement rehaussées d’une poussière de lumière blanche. Nous avons installé une demi-douzaine de bougies dans le chalet et, vues de l’extérieur, les fenêtres brillent comme de l’or ! C’est Versailles !
 
 
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Après un bon repas et bien réchauffés par le brave fourneau, nous avons hâte de courir dans le froid piquant, pour photographier cette petite maison perdue au milieu de l’hiver, qui baigne dans la clarté lunaire sous un ciel bleu de Prusse, tout piqué d'étoiles ! Nous nous amusons beaucoup de la lueur bleutée de la lampe frontale, dont nous jouons  pour créer des effets fantomatiques, et rivalisons d'ingéniosité pour trouver un arbre ou une pierre qui permet (tant bien que mal) l'immobilité nécessaire à une photo de nuit... 

 
Petite-Chaume4.JPG


 

En effet, à cause du poids des sacs, nous n'avons pas cru bon d’emporter un trépied. En revanche nous nous sommes encombrés d'objectifs très lourds, d'aucune utilité dans ces circonstances. C'est toujours comme ça. Il n’est donc pas évident de trouver le bon support et le bon angle... Nous courons dans la neige d'un arbre à l'autre, nous enfonçant jusqu'aux genoux, sans aucune sensation de froid.

 
La séance photo est terminée. Dans la nuit, nous avons comparé nos résultats avec enthousiasme, et l’heure d’aller se reposer est arrivée. Nous improvisons alors des couchettes individuelles confortables en rapprochant deux fois deux bancs, chaque « lit » s’appuyant à un mur différent pour plus de confort, et nous ne tardons pas à sombrer…

Vers quatre heures du matin, je m’éveille brutalement, les rayons de la pleine lune inondent ma tête. Non, ça ne rend pas fou, mais la lumière, ça réveille, tout naturellement ! Alors que je me rendors en me protégeant de mon mieux à l’aide du capuchon de mon sac de couchage de cette intrusion lumineuse, je fais un affreux cauchemar…
Je cours pieds nus dans le jardin de mon enfance, quand -épouvante! - j’arrive devant un horrible nœud de serpents… Ils sont en nombre incalculable, grouillants, étroitement enlacés. Cette masse hideuse de forme sphérique, a l’air de s’étendre, d’enfler, à une vitesse inimaginable ... Terrorisée, je tente de m’éloigner au plus vite mais là, dans l’herbe, à mes pieds, d’autres serpents vibrent et je dois faire des bonds désordonnés pour ne pas poser un pied sur un de ces animaux… Un profond fossé longe la prairie dans laquelle je cours, et, d’un large saut désespéré, je le franchis, pour me retrouver enfin en territoire vierge de serpents. Que signifie donc ce cauchemar ! Mes recherches ultérieures m’apprendront que : « des serpents enroulés sur eux-mêmes symbolisent le cercle de la vie ou le cycle vital. Cette image est puissante et peut constituer une sorte de reconstituant psychique. La rêveuse doit se protéger mieux des difficultés de son existence ». Cette interprétation semble me convenir.

Le matin, alors que je raconte mon rêve à mon co-équipier, il me dit avoir entendu, quant à lui, bien des bruits bizarres… Tout d’abord, au plafond, quelque chose qui ressemble au balancement feutré d’un fauteuil à bascule, suivi de très près de deux craquements secs de brindilles, juste devant la porte… En ce qui me concerne, fort occupée à sauter au-dessus des serpents, je n’ai rien entendu. Vérification faite, il n’y a aucune empreinte d’animal, et à fortiori d’être humain, dans la neige devant la porte. Mystère…
 
Suite : Les chalets de la doller, rêves et refuges sous la pleine lune 2/2
 

 

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Tag(s) : #Randonnées, #Rêve - mystère et réalité, #Hautes vosges - paysages, #Auteur du Blog, #Ballon d' Alsace et environs
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